Si, il y a toujours d’autres choix dans la vie — et pas seulement au cinéma.
Celui auquel se croit acculé le personnage principal de ce film est celui d’un cadre prospère d’une entreprise coréenne de papier rachetée par des investisseurs américains. Les licenciements tombent, justifiés par la formule devenue universelle : « il n’y a pas d’autre choix ». Le choc est immense et les tentatives de reconversion du personnel s’organisent selon des méthodes très marquées par la culture asiatique.
Mais la famille parfaite que forme notre protagoniste va rapidement voir ses certitudes se fissurer. Le père, bien sûr, mais aussi la mère, le fils et la fille prodige au violoncelle. Sans oublier les deux magnifiques chiens qui complètent ce tableau de parfaite happy family.
Convaincu de n’avoir aucune autre issue dans sa recherche d’emploi, le père va prendre une décision radicale : éliminer ses concurrents.
À côté de cela, le hara-kiri passerait presque pour une bluette. Les films d’horreur, de vampires ou les productions gore semblent soudain bien sages tant les provocations les plus déjantées s’enchaînent ici sans véritable logique ni nécessité évidente.
L’histoire est inspirée du roman américain Le Couperet de Donald E. Westlake, déjà adapté par Costa-Gavras. Mais chez Park Chan-wook, le traitement visuel est tout autre : excès assumés, provocations parfois difficiles à saisir, démesure esthétique. La beauté de la musique, la qualité des images et l’élégance de certains cadrages ne suffisent pas toujours à calmer l’atmosphère hystérique qui domine ce récit chaotique.
On remarquera notamment l’analogie subtile entre la violence sociale subie par l’employé licencié et la brutalité avec laquelle il taille ses bonsaïs.
Il existe sans doute un public pour ce cinéma qui mêle voyeurisme, critique sociale, images extrêmement stylisées et acteurs poussés dans des situations proches de la folie. De ce réalisateur, on avait déjà apprécié certaines outrances dans The Handmaiden. Ici, la violence prend clairement le dessus sur l’érotisme.
Comme quoi, il y a toujours un autre choix possible. À vous de décider si celui-ci vous convient.