Ce titre incompréhensible est le mot anglais pour nommer un oursin, l’animal marin avec des piquants, mot utilisé de façon familière pour désigner un enfant espiègle, malicieux, parfois pauvre ou « des rues ». C’est cette dernière acception qui fera le lien avec l’histoire, celle d’un jeune homme caractériel sans foyer, qui vit en rue et galère sans arriver à s’en sortir.
L’acteur qui assume ce rôle dans pratiquement chaque plan du film est absolument convaincant de naturel.
La façon de filmer accentue encore le côté « vrais » de ce qui nous est montré : des plans longs, en cadre moyen, généralement fixes mais parfois en déplacement latéral pour suivre notre personnage qui est sans cesse en mouvement, sorte de bête traquée par le destin.
Le film débute par une sorte de prêche exalté d’une femme qui vocifère dans la rue, à l’attention des passants, des tas d’âneries sur dieux, la foi, la prière, à côté d’un SDF qui est la parfaite illustration qu’il n’y a pas de bon dieu.
Il va essayer de s’en sortir. Nous découvrirons toutes les stratégies. Il bénéficiera même de soutiens momentanés dans des structures d’accueil et connaîtra des émois amoureux. Mais très vite il va replonger dans ses addictions.
Dans ce film social, noir, pesant, réaliste il y a un moment de rêve, une sorte d’ivresse visuelle qui débute par l’image d’un « tout à l’égout » qui nous absorbe pour une parenthèse formelle et onirique surprenante dans ce film social dont les anglais ont le secret et qui, ici, ne manque pas de piquant.