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Le cinéma serbe au BIFFF: Karmadonna de Aleksandar Radivojeviċ

Le cinéma serbe donne la gerbe. Alors que le film commence de façon bon enfant par une fausse pub contre le tabac qui nous montre un délicieux bambin entouré de fumeurs.

Nous comprendrons que le bébé est un thème sous-jacent du film qui débute dans un parc public où des ados se disputent pour la possession d’un GSM et nous comprendrons que c’est une entrée en matière : le téléphone en tant que danger. Viennent ensuite des images très élégantes, en plans longs et joliment en mouvement qui nous font rencontrer une femme d’âge mûre, enceinte. Et elle va répondre à un appel « inconnu » sur son portable qui va la mettre en liaison avec une voix de gourou qui immédiatement lui fait un chantage radical : si tu veux garder ton bébé, tu dois m’obéir. Ce qui ne sera pas simple car toutes les injonctions auront pour but de tuer successivement une kyrielle de gens qui tous, à des degrés divers, représentent les pires perversions de l’humanité. Inutile de dire que le film est très long…

Mais il permet au réalisateur de nous proposer un catalogue immense de scènes gores plus ou moins bien amenées. Je renonce à les décrire.

La logorrhée de ce dieu fumiste assaisonnée de concepts bouddhiques, est assommante, jugez-en : Le vajra évoqué, souvent appelé comme chacun sait dorje en tibétain, est un symbole puissant et un instrument rituel majeur dans le bouddhisme tantrique, l’hindouisme et le bön qui désigne trois traditions religieuses tibétaines distinctes. Signifiant « diamant » et « foudre », il représente l’indestructibilité, l’immutabilité et la compassion active qui tranchent l’ignorance.

Le samsara est le cycle continu des renaissances, de la souffrance et de la mort, fondamental dans l’hindouisme, le bouddhisme et le jaïnisme.

Le terme Dukha dont on nous rabâche aussi les oreilles désigne principalement la notion de souffrance, d’insatisfaction ou de mal-être dans le bouddhisme, constituant la première des Quatre nobles vérités.

Ce verbiage nous donne l’occasion d’apprendre ces petites choses, mais il est surtout le jargon qui ponctue une succession de séquences mal mises en scène, mal jouées, mal cadrées et éclairées, mal truquées et dont la principale qualité et de montrer le fond de la fosse septique : répugnant.

Francis de Laveleye

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