Ce n’est pas une planque fiscale, mais bien celle d’un homme singulier vivant reclus sur un îlot dominé par un phare désaffecté, avec pour seule compagnie un chien.
Il passe son temps à jouer seul aux échecs.
Un parent vient de temps à autre le ravitailler par bateau, accompagné de sa jeune nièce.
Les images en Panavision sont très envoûtantes et toute la première partie du film possède un charme étrange, presque hypnotique. L’atmosphère est singulière, presque contemplative, et l’on se demande longtemps qui est réellement cet homme retiré du monde.
Puis tout bascule lorsque ce personnage, pourtant très recherché, est repéré lors d’une sortie en ville pour trouver de quoi soigner sa nièce. Surgissent alors, de manière assez peu crédible, une Première ministre, le chef des services secrets britanniques et toute une armée de policiers d’élite.
Le film se transforme dès lors en une chasse à l’homme déjà vue mille fois. Techniques sophistiquées, poursuites, fusillades et bagarres à coups de poings se succèdent dans un suspense certes efficace mais terriblement prévisible.
La jeune nièce, entraînée malgré elle dans cette spirale de violence, apporte évidemment une dimension affective qui cherche à renforcer l’enjeu émotionnel.
L’acteur Jason Statham, pour qui ce film semble clairement conçu, en est déjà à une longue carrière. Mais son personnage correspond encore une fois à ce type de héros viril et invincible qui incarne un cinéma d’action très musclé, dominé par la force physique et une morale assez sommaire.
Le réalisateur Ric Roman Waugh s’est d’ailleurs spécialisé dans ce genre de productions spectaculaires, comme il l’avait déjà montré avec Greenland: Migration. Le film possède indéniablement de solides qualités techniques, mais son propos reste limité.
On peut aussi y voir un reflet d’un certain cinéma contemporain qui banalise la violence extrême, les meurtres de masse et les trafics divers, tout en glorifiant des héros dont la moralité reste pour le moins discutable.