Tout d’abord, il est important de souligner que le film de Guillermo del Toro n’est pas une adaptation littérale du roman de Mary Shelley, mais plutôt une relecture dans le même esprit, empreinte de la même réflexion sur la création, la monstruosité et l’humanité. Del Toro s’approprie le mythe pour y insuffler sa propre sensibilité gothique et poétique, fidèle à son univers.
Ce qui frappe immédiatement, c’est l’interprétation magistrale du casting. Oscar Isaac, Christoph Waltz, Jacob Elordi, Lars Mikkelsen et Mia Goth livrent des performances intenses et nuancées. Chacun parvient à incarner la dualité de son personnage — entre beauté et horreur, compassion et cruauté — avec une justesse remarquable.
Sur le plan visuel, le film est un véritable festin pour les yeux. Les décors sont tout simplement splendides : Del Toro lui-même s’est montré particulièrement fier du laboratoire, et on comprend pourquoi. C’est une œuvre d’art à part entière, mélange de mécanique baroque et de science cauchemardesque. Les costumes et l’ambiance visuelle plongent le spectateur dans un univers à la fois inquiétant et somptueux, où chaque détail semble avoir été pensé avec une minutie d’orfèvre.
Malgré une durée de 2 h 30, le rythme reste maîtrisé : le film prend le temps d’installer ses émotions, de développer ses personnages et de créer cette atmosphère si caractéristique du cinéma de Del Toro. On retrouve sa fascination pour les êtres marginaux, pour la beauté cachée dans la difformité, et pour le rapport presque sacré entre le créateur et sa créature.
Un vrai festin gothique.