Ce titre incompréhensible annonce un plaisir que seul le cinéma peut proposer à celles et ceux qui sont prêts à se laisser embarquer (c’est le cas de le dire) dans un décors sans doute jamais vu, celui du fleuve Amazone au Brésil, de ses habitations quasi lacustres et des bateaux qui vont et viennent sous des lumières somptueuses. Nous découvrons les aventures d’une dame, aussi improbables qu’imaginaires, dans un mélange de poésie, d’angoisse et d’humour. Une voix chaleureuse nous cueille dès l’entame de cette fable de fiction, elle nous souhaite la bienvenue et célèbre les personnes que l’âge désigne pour rejoindre on ne saura jamais quoi exactement, mais un lieu qui semble avoir tous les aspects d’un camp de regroupement, les contrôles et les véhicules qui transportent ces personnes ayant atteint l’âge de péremption expriment à eux seuls l’intention que cache cet accueil présenté comme chaleureux. Après les médailles et les lauriers (im)posés sur leurs modestes demeures comme le furent des étoiles de David, il n’y a qu’une alternative, se cacher et fuir. Durant cette tentative d’échapper à cette forme « d’eugénisme orienté 3e âge » mais qui serait en fait l’acte ultime d’un capitalisme productiviste, notre héroïne va découvrir des lieux et des gens complètement en opposition avec cette forme de nettoyage ethnique. Et c’est fabuleux. Vous découvrirez des animaux rarement conviés sous la caméra, des escargots et des poissons de combat. Le jus bleu produit par les gastéropodes, les couleurs rouge et blanche des poissons qui rivalisent sous les hurlements des parieurs comme lors d’une course de lévriers, induisent peut-être que le drapeau français exprime encore aux yeux de certains, une idée de la liberté.
Comme je n’ai pas eu l’occasion de voir les 3 précédents films de ce réalisateur brésilien, je ne peux qu’avoir envie d’en suivre le sentier.