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Le billet d’humeur de Francis de Laveleye

Bigger Than Us  de Flore Vasseur 

Un film documentaire passionnant, dynamisant et tout à fait « dans l’air du temps » celui que vit une jeunesse déterminée à infléchir le cours des choses, partout sur terre.

Les urgences « écologiques » mais pas seulement, sont illustrées de façon particulièrement intéressantes et encourageantes par 7 récits, certes plus longs que les simples journées de la création du monde, mais tellement riches, intéressants, exemplaires, qui nous laissent à la fois plein d’optimisme et d’interrogations sur le devenir de toutes ces actions essentielles mais perdues dans un océan pollué – ce n’est pas qu’une formule – par des façons de (mal)traiter notre planète.

La réalisatrice est très engagée dans un travail d’explicitation des enjeux de société.

Elle publie des romans inspirés de faits et personnages réels, elle est chroniqueuse radio et éditorialiste de presse. Ce documentaire est son premier film de cinéma.

Flore Vasseur a structuré son récit sur les pérégrinations militantes d’une jeune fille qui débute son engagement sociétal par le ramassage des plastics qui jonchent le sol. Elle ira à la rencontre de 7 personnalités de « la société civile » qui consacrent leur énergie, leur intelligence, leur talent et leur générosité à des causes improbables.

C’est en suivant cette jeune fille, Melati Wijsen, que nous irons de Bali à Rio, en passant par le Malawi et Lesbos, le Liban, le Colorado et l’Ouganda.

Vous découvrirez des échanges d’exception, ferez des rencontres aussi improbables qu’inoubliables avec des « belles » personnes sur leurs chemins de dignité.

S’il est amusant de souligner que le nom de la société de production est Big Mother, par dérision face à Big Brother, il est plus intéressant de souligner que Marion Cotillard est productrice ; par conviction.

Ce film est une merveille d’humanité qui devrait inspirer chacune et chacun pour, à des degrés divers, soutenir et partager ces engagements dont il est de plus en plus évident que l’avenir de l’espèce dépend ; peut-être à court terme.

A voir d’urgence, en famille, par classes entières, par tous les acteurs de la société civile, les manifestants pour le climat, la défense de la dignité des femmes, que tout le monde aille s’immerger dans cette boite de Pandore, cette femme qui, comme son nom l’indique « donne tout » mais qui ouvrit sa boite imaginée par Zeus pour se venger de Prométhée. Cette boite contenait tous les maux qui se répandirent sur la terre.

Mais au fond de la boite, il y avait l’espérance.

Ce film peut être vu comme une métaphore moderne de ce mythe.

cc SND

Délicieux de Éric Besnard 

 

Mais pas tout à fait assez cuit. Et c’est dommage car le début est un feu d’artifice. Nous assistons à la préparation d’un grand repas, puis aux commentaires de ceux qui s’en sont délecté. Un morceau d’anthologie ! Malheureusement, lorsque le chef de cuisine se retrouve dans une campagne pauvre, ce n’est que très lentement, laborieusement, que l’histoire mijote au coin du feu avec des moments de soufflés qui retombent.

L’une des causes en est le manque d’ampleur du jeu de cet excellent acteur Grégory Gadebois, que nous avons apprécié déjà dans des rôles moins écrasants : J’accuse , Police , Les Présidents et tant d’autres. Il m’a semblé ici être monotone.

Isabelle Carré qui est un poids lourd du cinéma français m’a paru une erreur de casting. Après Vingt et une nuit avec Pattie, Le Cœur régulier, elle ne me semble pas crédible.

Il en est un peu de même du scénario qui veut illustrer le passage du chef de cuisine domestique à celui de restaurateur indépendant. Tout cela m’a paru un peu appuyé, lourd à digérer.

Le réalisateur est un baroudeur du cinématographe, comme scénariste, comme réalisateur et j’avais trouvé Le Goût des merveilles particulièrement convaincant. Son chef opérateur, Jean-Marie Dreujou, a fait un travail admirable. Nous l’avions beaucoup apprécié déjà dans Cézanne et moi et ici la reconstitution tant des intérieurs éclairés à la bougie que les extérieurs majestueux qui évoquent successivement les 4 saisons, est un enchantement qui rend le film d’une rare séduction esthétique. La musique ajoute aux plaisirs nombreux de ce récit qui nous laisse un peu sur notre faim. Ce qui est un comble.

Un mystère reste entier, celui de l’intervention tax shelter pour un film hyper français, tourné dans le Cantal.

Francis de Laveleye

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