Indispensable ! Un film dont il faut dire qu’il doit être vu par tous les publics.
Le nom de cette ville est attaché à deux événements restés dans les mémoires : le triomphe ostentatoire du nazisme lors des congrès annuels du parti, celui de 1935 en particulier immortalisé par Leni Riefenstahl. (Revoir le film éponyme de Andres Veiel – 1654).
Et le procès qui s’y est déroulé du 20 novembre 1945 au 1er octobre 1946, impliquant 24 des principaux responsables nazis.
Ce procès est historique qui, pour la première fois, légitime l’action de 5 pays pour instruire, juger et condamner e.a. pour « crime contre l’humanité », devenu l’un des fondements du droit international, aujourd’hui foulé au pied d’une façon plus qu’inquiétante.
Le talent du réalisateur, inspiré du récit The Nazi and the Psychiatrist écrit par Jack El-Hai, est de s’être concentré sur le destin d’un médecin psychiatre, Douglas Kelley (interprété de façon émouvante par Rami Malek) et de s’être attaché essentiellement à un prisonnier, le plus emblématique, Hermann Göring, interprété lui de façon particulièrement convaincante par Russell Crowe.
La motivation d’un tel film est exprimée en ces termes vers la fin « Pour savoir ce dont l’homme est capable il suffit de regarder ce qu’il a fait ». Et ici, l’essentiel est visible.
Des documents d’archives sont projetés durant le procès et s’ils sont insoutenables, je pense qu’ils sont surtout indispensables. Une subtilité du montage fait apparaître quelques plans en noir et plan de la salle du tribunal dont je ne sais s’il s’agit d’image d’époque ou d’un traitement photographique pour en donner l’illusion. Je trouve cela très réussi car cet effet contribue à crédibiliser ce à quoi nous assistons.
Et une réplique est terrible qui nous oblige, aujourd’hui encore, à ne pas rester effarés devant nos écrans « C’est arrivé parce qu’ils ont laissé faire ». Et on a oublié sans doute qu’il y a eu 1.200 camps organisés par le IIIe Reich et qu’il y eut 70 millions de morts comme nous le rappelle ce film qui contribue avec talent à essayer de comprendre, pour que cela ne se reproduise plus et il met courageusement en exergue l’attitude du Vatican qui est le 1er état à avoir reconnu Hitler dès 1933 !
Ce film est le deuxième d’un scénariste très expérimenté qui a consacré jusqu’ici son travail à des productions stéréotypées qui n’ont guère marqué le cinéma d’auteur, mais plutôt le cinéma de genre. Par ce film-ci, ce réalisateur sera jugé pour son courage et sa maîtrise d’un sujet d’une importante actualité.