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Le film cosmopolite Calle Málaga de Maryam Touzani

Mamy fait de la résistance dans une rue de Tanger où vit une population mélangée, chaleureuse, presqu’une famille.

C’est dans cette ville que vinrent s’installer nombre d’Espagnoles fuyant le franquisme.

Notre personnage principal, veuve, mène une existence paisible et élégante dans un vaste appartement. Soudain sa fille débarque de Madrid où elle travaille et vit avec ses deux enfants. De ce retour va naître une situation très conflictuelle et la suite du récit va nous montrer avec beaucoup d’humour, la façon dont cette dame va réagir pour éviter le sort qui lui semble inévitablement réservé. C’est écrit avec un humour subtile, original et réjouissant.

La comédienne est magnifique et l’on se prend à la soutenir, l’encourager comme des supporters de foot, vous verrez pourquoi.

Le récit est plusieurs fois un soliloque de notre grand-mère qu’elle déverse à une religieuse qui, ayant fait vœux de silence, ne peut qu’écouter. Et c’est souvent très drôle.

La musique accompagne de façon très heureuse les moments sans dialogue. Et vous découvrirez que même à un âge avancé, la suavité des corps peut être encore une source de grand bonheur. Même s’il y a certaines longueurs, du fait de répétitions ou de ralentissements dans la narration. Le raffinement des images et des situations souvent amusantes soutient le plaisir que donne ce portrait de cette Vieille Dame indigne, façon René Allio.

De cette talentueuse réalisatrice nous avions admiré déjà Adam et Le Bleu du caftan. Elle travaille avec son mari, réalisateur et producteur, à des thématiques ancrées dans le Maroc contemporain, loin des clichés pour touristes. Et l’expression visuelle de ces sujets est chaque fois un enchantement grâce à la qualité des casting et à la beauté lumineuse des images.

Francis de Laveleye

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