Parthenope de Paolo Sorrentino
Mort à Capri.
Ce film très élégant, sensuel et traversé par des désirs inassouvis peut faire penser à Visconti, aussi parce qu’il est italien et qu’il se déroule au bord de la mer dans la région de Naples cette fois.
Nous allons suivre une jeune femme depuis sa naissance en 1950, puis à partir de 1968 et enfin l’année datée de 1982.
Le personnage porte le prénom d’une sirène qui ressemble à une jeune fille, ce à quoi l’affiche fait référence.
Elle est suave, d’une sensualité provocante et irrésistible. Mais elle refuse ce jeu de touché/couché qui lui est souvent proposé.
La beauté c’est comme la guerre, elle ouvre des portes, elle provoque des rencontres et des évitements, entend-on dans le cours du film. Cette déambulation un peu décadente avait déjà caractérisé La Grande Bellezza du même réalisateur, mais ici il m’a semblé que le charme de l’actrice dans sa vingtaine s’impose de façon plus puissante que les personnages de ce précédent film même si cette langueur n’évite pas certaines longueurs. Loro inspiré par la vie de Berlusconi était aussi empreint d’une sensualité tarifée mais Youth m’avait laissé un souvenir plus savoureux. Chaque fois ce metteur en scène semble fasciné par des scénarios pleins de faux-fuyant et de jaillissements qui ne se matérialisent pas dans une histoire, un récit. Il y a quelque chose de vaporeux dans cet univers qu’il faut accepter pour s’y sentir comme une sirène dans l’eau.
Hard Truths de Mike Leigh
C’est peut-être une dure vérité que de dire que le film à maints égards intéressant et très élégamment filmé, ne donne guerre de satisfactions au-delà de celles de voir un excellent casting et une mise en scène tirée à quatre épingles.
Il s’agit de deux sœurs, l’une joviale et coiffeuse, l’autre véhémente à un point rare, épouse d’un digne plombier et mère d’un garçon en surpoids, lunatique et sans autre occupation que les jeux vidéo. C’est cette harpie inépuisable, souffrant de mysophobie qui est le personnage pivot du film qui nous balade paisiblement de séquences ordinaires de leur vie provinciale, en moments de crise familiale.
Tout cela est bien montré mais l’hystérie de la mère finit, à force de répétitions sans évolution, par nous paraître peu sincère.
Le réalisateur est une grande pointure du cinéma social dont j’avais commenté Peterloo. Ce film-ci est son 15e et l’intérêt tient essentiellement, m’a-t-il semblé, à l’observation psychologique des personnages qui ont un parcours à la fois de gens ordinaires, et de personnalités fragiles, traumatisées. Un type de cinéma qui tranche sur les sujets plus racoleurs par la subtile finesse des portraits proposés.