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Review Madres Paralelas

A la sortie du nouveau film de Pedro Almodovar, on se dit qui trop embrasse, mal étreint !
On retrouve dès les premières images de « Madres Paralelas » la caméra souple, les images
poétiques, les couleurs magnifiques de son cinéma comme son amour des comédiennes que la
caméra lèche tout au long du film.
Mais, côté scénario, c’est une véritable lasagne, plusieurs histoires parallèles qui s’interpénètrent
certes mais d’une façon tellement maladroite sinon démonstrative qu’on se demande pourquoi
diable le cher Pedro a-t-il fourré en une heure et demie ce qui devait faire l’objet d’au moins trois
films ! Ou alors, il aurait dû le proposer sous forme d’une série…
Le film s’ouvre par un thème particulièrement grave, essentiel pour les Espagnols, si bien traité par la
littérature (notamment Javier Cercas) et qu’Almodovar curieusement n’avait jamais abordé jusqu’ici :
la guerre civile.
L’héroïne, incarnée par Penelope Cruz, rencontre un archéologue, spécialisé dans le traitement des
fosses communes dans lesquelles ont été jetées les victimes des Phalangistes et des autres milices de
Franco. Pour les rendre à leurs familles et leur donner une sépulture digne. Elle tente de l’emmener
dans le village de ses aïeux, où la mémoire des derniers survivants de l’époque et de leurs enfants
atteste l’existence d’une fosse commune.
Ensuite, on oublie cette passionnante amorce jusqu’à la fin du film… Pour suivre Penelope sur le
point d’accoucher (le père est l’archéologue qui refuse de reconnaître l’enfant et d’ailleurs de quitter
sa femme qui a un cancer, on ne vous épargne rien). A la maternité, elle sympathise avec une autre
fille-mère, une jolie ado (Milena Smit). Suivent des récits qui ont l’air inspirés par des telenovelas :
l’enfant de Milena meurt, avant que l’on s’aperçoive qu’il y a eu substitution de nourrissons à la
maternité et que c’était le bébé de Penelope, laquelle tombe amoureuse de Milena revenue dans sa
vie (et qui s’empare de l’enfant). On moment où cette succession de mélos va se terminer,
Almodovar se souvient soudain de la guerre civile… Retour dans le village de Penelope, on ouvre la
fosse, on distribue les cadavres et chacun rentre chez soi car la séance se termine …
On a connu Almodovar plus inspiré et moins grotesque…

Alain Berenboom

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