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Review La Villa

Comme son titre l’annonce, « La Villa » de Robert Guédiguian est un huis-clos. Pour l’essentiel, le drame se déroule dans et autour d’une maison qui surplombe une calanque de Marseille. Deux frères et leur sœur se retrouvent autour de leur vieux père, aphasique.
L’un des frères (Gérard Meylan), silencieux, bougon, a repris sa gargote en contrebas de la villa, l’autre (J.P. Darroussin) est un prof à la retraite, amer, cynique, funèbre, accompagné de sa jeune amie (sur le point de le quitter, on la comprend) et la sœur (Ariane Ascaride) revient pour la première fois depuis 20 ans de Paris où elle est actrice dans des productions de second ordre.

Tout le film baigne dans une atmosphère mortifère. Un couple de voisins, anciens militants de gauche, se suicide, Darroussin grince sur la fin de sa vie d’écrivain raté et de sa liaison, Ascaride erre entre un père à qui elle reproche la mort de sa petite fille jadis qui s’est noyée et Meylan reconnaît que le restau de son père va bientôt fermer. Seule lueur tout à fait artificielle : un jeune pêcheur de poissons est amoureux d’Ascaride et lui récite du Claudel tout en jouant et sautillant comme s’il était dans un film muet soviétique…

Des dialogues pesants, d’un sérieux à côté desquels les discours de Benoît Hamon paraissent du plus grand comique, des phrases définitives sur la fin de la gauche, la vieillesse et autres lieux communs que les pauvres acteurs doivent ânonner donnent un film funèbre sans oxygène ni flamme, ni fantaisie, ni originalité. Rien à sauver de ce désastre. Où est le Guédiguian de « Marius et Jeannette » ?

Un film qui n’a aucun sens sinon d’assurer à Guédiguian son opus

annuel. N’est pas Woody Allen qui veut.

Alain Berenboom

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