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Le billet d’humeur de Francis de Laveleye

L’un dans l’autre de Bruno Chiche

Qu’ils y restent. L’idée est amusante et le scénario très laborieusement structuré pour nous en donner toute les ressources. Ils y a les scènes d’expositions, puis avec les mêmes ingrédients, le femme apparente mais qui est l’homme et inversement. Alors on rit lourdement. D’autant que les acteurs qui se donnent beaucoup de mal n’arrivent pas à donner corps à leurs personnages.

Sur le plan privé, deux couples avec une liaison croisée et invivable pour les amants. Au travail deux personnes très impliquées.

C’est du cinéma franchouillard bien léché par un réalisateur et un opérateur de films publicitaires qui confondent un spot et une scène, une campagne de pub et une structure narrative.

Et pourtant il y a trois choses amusantes à observer pour tromper son ennui. La façon dont le ” qui pro quo “, mécanisme mille fois utilisé, est ici remis au goût du jour. Le mode de récit qui fait du spectateur le complice informé de ce que les protagonistes ignorent. Et enfin cette expression barbare de ” body swap ” qui indique qu’un corps est occupé par quelqu’un d’autre. Et ajoutons encore une de ces expressions ” barbares ” qui donnent si non l’impression d’être ” L’un dans l’autre ” au moins ” dans le coup ” : Le magic device, ce moment souligné par des effets optiques, des petites étoiles façon Fée Clochette qui soulignent pour le spectateur lambda le moment ou ” cela se passe ” : la ménagère épuisée qui découvre l’effet inattendu d’un produit nouveau, par exemple.

Vous en aurez une laborieuse illustration dans le film. Est-ce vraiment amusant ? Vous en jugerez devant la télé, un soir de pluie.

cc Gaumont Distribution

Le Sens de la Fête de Éric Toledano et Olivier Nakache

La Noce chez les Petits Bourgeois, côté cuisine. L’idée est amusante qui nous fait vivre le quotidien d’un organisateur de fêtes de mariage. Jean-Pierre Bacri est cet organisateur et le film décrit une longue et difficile journée pleine de rebondissements. Il y a des idées très amusantes, des personnages bien trouvés, des dialogues qui font mouche. Le tout un peu hystérisé et trop caricatural. Si bien que le spectateur s’installe dans le fond de son siège en attendant le rebondissement suivant. Certains sont très bien trouvés, d’autres prévisibles, parfois franchement lourdingues. Alors oui, on s’amuse, mais petit à petit on se lasse et rien de neuf ne vient véritablement relancer l’histoire de ce naufrage annoncé. Le scénario tire même un peu sur certaines ficelles, revenant inutilement sur des situations qui étaient amusantes mais deviennent répétitives à force de devoir faire du minutage. Le plus cruel sans doute est de constater que cet excellent acteur qu’est Bacri n’a malheureusement qu’un seul style de jeu qui à force d’être répété finit par montrer sa limite. Une sorte de basse continue qui manque de mélodie. Cela n’enlève pas les mérites importants du film : une comédie ” riche ” par le casting, le faste des scènes, l’utilisation des lieux, et des numéros d’acteurs qui laissent le souvenirs de séquences bien enlevées. Mais qui manquent un peu de liant. La règle du jeu sans Renoir.

P.S. : La Noce chez les petits bourgeois (Die Kleinbürgerhochzeit) est une pièce de théâtre en un acte du dramaturge allemand Bertolt Brecht, écrite en 1919 et créée le 11 décembre 1926 au Schauspiel de Francfort dans une mise en scène de Melchior Vischer (de). Œuvre de jeunesse, elle n’est publiée qu’en 1961, cinq ans après le décès de Brecht.

Francis de Laveleye

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