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Le billet d’humeur de Francis de Laveleye

120 Battements par Minute

de Robin Campillo

Voilà un film militant et historique de toute première importance. Et d’une qualité remarquable ce qui le rend difficile, très dur.

Mais admirablement écrit, interprété et mis en scène. Nous sommes à Paris au moment où le SIDA fait ses pires ravages, en particulier dans la communauté homosexuelle. Un groupe fait un travail très déterminé pour que les choses changent et nous suivons ces militants, de façon passionnée et très émue parfois. Il n’y a rien d’autre à dire avant d’aller voir le film. Il est parfaitement construit, subtilement rythmé, avec des personnalités extraordinairement incarnées. Bref un film à voir pour essayer de comprendre ” la vie des autres “. Car elle nous touche, profondément comme nous avait touché “Eastern Boys” (62) particulièrement adroit dans la monstration de la marginalité.

 

Barbara

de Mathieu Amalric

Un bide. Car l’écriture du film est faite sur des post-it qui se mélangent sans dire grand chose. Pourtant l’idée est intéressante de nous faire assister au tournage d’un film biopic sur la grande chanteuse Barbara, interprétée par une quasi sosie qui est tantôt dans son rôle, tantôt elle-même. Et le metteur en scène picore l’air agar le long de ce film qui intègre aussi des images d’archives de l’artiste titulaire.

L’impression est que le souffle du génie, perceptible dans ses intentions, n’a pas pu soulever l’enthousiasme. Et la complexité de la construction, la sophistication du récit, le mélange des genres : biopic, enquête, portrait de femme, reportage sur la création et le tournage d’un film, tout cela ” enfume ” les esprits et il y a gros à parier que l’on entendra se pâmer les inconditionnels de l’amphigourie, gavés par ce spectacle claudicant et qui le porteront aux nues.

Au moins l’actrice mérite-t-elle une certaine admiration, comme le travail fait sur les images. Les séquences d’archives, de reportage, de fiction s’entremêlent visuellement avec des fulgurances quasi musicales. Bref ce film est au cinéma ce que la peinture cubiste est à la photographie, une déformation illisible de la réalité.

© Alicéléo & Waiting for Cinéma

Francis de Laveleye

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