Edward Berger réalise son nouveau film — il enchaîne presque un film par an, quelle machine ! Après All Quiet on the Western Front, on peut voir celui-ci comme son film le plus visuel. Les couleurs y jouent un rôle essentiel et participent pleinement au récit. C’est une œuvre plus sensorielle que narrative, où l’atmosphère prime sur l’action.
Colin Farrell est en grande forme : il incarne un loser magnifique, un homme qui perd sans cesse, malgré sa bonté évidente. Il apporte une vraie humanité au personnage. Tilda Swinton, elle aussi, impressionne — mais dans quel film ne l’est-elle pas ?
Adapté du roman du même nom, le film s’écoule comme un fleuve tranquille. Par moments, peut-être même trop : le rythme contemplatif donne parfois l’impression de lire une page directement arrachée au livre. Pourtant, l’ensemble reste très réussi, porté par une mise en scène élégante et une fin plutôt surprenante.