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Le billet d’humeur de Francis

My Sunshine

Hiroshi Okuyama

Tout le charme raffiné, délicat et subtile du Japon, mis au service d’un sujet ténu et merveilleusement déployé pendant ce superbe film dont le titre est celui de la chanson du duo folk-rock japonais qui l’a inspiré, My Sunshine de Humbert Humbert.

L’ambiance est d’apparence sportive. Nous passerons du baseball au hockey sur glace puis au patinage artistique en suivant un jeune garçon, un peu poète mais doué pour le sport. Il va être rapproché d’une jeune fille d’une grâce délicieuse qui patine comme une championne sur la musique de Debussy.

Un jeune coach les préparera à la compétition.

Nous apprécions cette rencontre entre poésie, élégance des mouvements physiques et subtilité des relations interpersonnelles qui passent par la litote et de discrets mouvements du buste et de la tête, qui s’inclinent, tant pour acquiescer et se soumettre que pour signifier fermement un refus. Pas la moindre allusion ou moquerie au sujet d’un léger bégaiement qui affecte ce jeune homme très timide.

La durée de l’histoire se déploie symboliquement de l’automne au printemps ce qui nous donne le plaisir de contempler des lieux enneigés puis verdoyants qui contrastent avec les images filmées dans la patinoire avec une admirable économie de moyens, laissant à la beauté des mouvements tout le loisir de se déployer dans une lumière « impressionniste » qui sublime ces moments de grâce. Le plus souvent les plans sont larges, parfois immobiles, exprimant ainsi cette pudeur, cette retenue qui font de ce film un spectacle si apaisant, et dont la fin « ouverte » nous rappelle qu’un film n’existe que par la regard de celles et ceux qui le découvrent. Ici sous la lumière chaleureuse d’un soleil bienfaisant.

 

Joika

James Napier Robertson

Un passionnant mélange de ce qui fait la beauté du ballet classique, cette forme d’art parfois surannée, avec un portrait complexe de celles (rarement ceux) qui en vivent la passion.

C’est aussi une sorte de biopic inspiré par une histoire vraie, celle de Joy Womack, une talentueuse jeune fille américaine de 15 ans au caractère d’acier qui ne reculera devant rien pour accéder à son Grâle : être danseuse vedette du Bolchoï, à Moscou.

Nous suivrons son parcours, d’épreuves en victoires, de rebondissements en surprises.

C’est le martyr du corps, les brodequins du supplice qui rendent ce film très impressionnant comme le sont les rapports (in)humains entre les apprenants et les enseignants façon garde chiourme. La musique contribue superbement aux charmes des moments de danse. Mais vous allez découvrir sans doute ce que c’est que de danser sans musique.

Les déplacements de la caméra qui danse elle aussi, sont d’une fluidité époustouflante et servent la mise en valeur des corps dans des mouvements qui, vus souvent de très près, leurs donnent une intensité et une virtuosité à couper le souffle.

Nous sommes les témoins d’un travail acharné et d’une volonté de fer qui peuvent anesthésier les pires douleurs physiques. Pas celles de l’amour propre. Car à ce niveau de travail et de talent, le succès dépend aussi d’autre facteurs, vous le découvrirez.

Francis de Laveleye

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