De Tim Mielants
Rarement un titre m’aura paru aussi abscons, alors que ce film devrait attirer un vaste public sensible à la description d’un microcosme sociale comme l’avait déjà brillamment réussi ce réalisateur flamand de Patrick et de Wil.
Ici, nous sommes plongés dans une Irlande très pauvre, à Noël 1985 et l’ambiance générale s’apparente à celle de certains films de Ken Loach, en moins bavard.
La musique (et la bande sonore) m’ont paru d’une grande originalité qui contribue de façon importante à créer des ambiances tendues, lourdes, sans modulation ce qui accentue encore ce côté slow cinema qui laisse le temps de ressentir, de percevoir d’infimes détails qui construisent petit à petit la complexité d’un récit tout en nuances.
Le film commence sans qu’un personnage ne focalise particulièrement l’attention. Ce n’est que progressivement que nous ferons connaissance de cet homme et de sa famille.
Il se fait que son rude métier l’amène à voir du monde, et donc à être témoin, involontaire, d’un grave problème qui est le centre du film. Mais sur lequel l’on ne s’appesantit jamais.
La structure narrative est en deux époques celle du récit de 1985 et celle des souvenirs souvent traumatisants de cet homme qui nous suivrons pratiquement à chaque plan. C’est un excellent Cillian Murphy qui incarne ce prolétaire, lui que tout le monde a admiré dans Oppenheimer parmi d’innombrables rôles intéressants.
Et pour compléter les grandes qualités de ce film, la photographie remarquable de Frank van den Eeden, le très talentueux chef opérateur du cinéma flamand.
Il s’agit d’une adaptation du roman Ce genre de petites choses de Claire Keegan, autrice irlandaise, qui a dénoncé un immense scandale dans une communauté de religieuses particulièrement perverses.
Ce film n’est pas une petite chose, il est aussi passionnant par le traitement de son sujet que formellement réussi.