Dopo la guerra de Annarita Zambrano
Film important qui se mérite et qu’il faut soutenir car il est d’une brûlante actualité.
Trois regards de femmes convergent sur un moment clé : un assassinat qui se veut politique et qui, des années plus tard, ramène à l’avant plan les années de plomb qui ont endeuillées l’Italie.
La fille d’un militant d’alors est maintenant adolescente et découvre sans en comprendre la complexité, cet univers dans lequel son père, antipathique et mal léché, essaye de survivre avec ses schémas en ruines, indéfendables. La sœur de ce planqué de la lutte armée vit encore en Italie, proche de leur mère. Et ces 3 générations portent sur cette aventure épouvantable dans laquelle la vie humaine, aux yeux de certains, n’avait plus d’autre valeur que d’être arbitrairement supprimée pour des motifs apparemment idéalistes mais qui se sont avérés de sinistres crapuleries baignées dans un jargon de fumigène. Une interview dans le film est sans doute l’un des moments les plus intéressants qui nourrit la réflexion sur ces trajectoires pathétiques qui ont abouti à restaurer une droite dure, au lieu de concourir à une amélioration de la vie des plus démunis. Marilyne Canto est la journaliste, une actrice d’exception. L’image éclairée avec les moyens du bord concours pour beaucoup au réalisme et à la pesanteur des ambiances. La structure du film est très subtilement construite, les enfants donnent à ce récit quelque peu étouffant une respiration, un espoir d’avenir et un charme humain dont nous avons bien besoin, aujourd’hui où se perpétuent le même genre de gestes de mort motivés par une pensée en bouillie. Car après la guerre, c’est encore la guerre.
Lean on Pete de Andrew Haigh
C’est le nom d’un cheval. Le film est ” lourd ” émotionnellement, repose sur un seul personnage, adolescent, issu d’un milieu très 1/4 monde de l’Amérique profonde.
L’acteur est saisissant de justesse et à travers les épreuves (et les soutiens rustauds) par lesquels il passe, une empathie se crée et le spectateur est de plus en plus mal à l’aise ” que de telles choses existent “.
Aucune concession aux ficelles scénaristiques ; tout est ” brut de décoffrage ” comme par exemple le traitement photographique. Les personnages croisés le long de ce chemin de croix sont tous victimes d’un système qui permet le luxe le plus ostentatoire et la misère la plus noire.
Je vais proposer un concept de catégorisation des films à côté de feel good, comédie sentimentale, uchronie, gore, biopic, polard, cinéma du réel, blockbuster, épopée authentique, rood movie, etc.
Que penseriez-vous d’un Cinéma de l’effarement ? Ce film en est me semble-t-il, un bon exemple. Un précédent film de ce réalisateur 45 Years (200), montrait déjà l’acuité de son regard sur les groupes humains. Ici, c’est une nouvelle fois un anglais qui dépeint certains aspects de l’Amérique, sans concession, mais avec talent.
Pour mémoire, ces films qui ont réussi, me semble-t-il, ce même tour de force par un regard anthropologique : “Hell or High Water” de David Mackenzie, “American Honey” de Andrea Arnold.
