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Le billet d’humeur de Francis de Laveleye

Breathe de Andy Serkis

Un film délicieusement réalisé même si le sujet est très pesant. L’élégance en toute chose (notamment l’anglais parlé de façon exquise) fait du spectacle un enchantement, en trois parties. La découverte de la passion, l’amour mis à l’épreuve, puis la mort. Il y a un mélange d’humour et de tendresse, et une immense souffrance qui s’entremêlent de façon particulièrement bien contée. Les acteurs sont absolument éblouissants, les décors, les costumes, les reconstitutions au fil du temps, chaque accessoire, chaque détail, sont très soigneusement maîtrisés. Claire Foy incarne le personnage central, magnifiquement. Il y a un côté  Out of Africa au début, qui est agréable, d’autres moments très forts, un peu de ” tire larmes ” mais pas trop, et un style narratif, un rythme, qui rendent la vision dynamique, accrochante, et digne du sujet traité.

Respirez à fond et allez voir ce film, il contribuera aussi à prendre de la distance avec nos petits bobos. Et il ne vous échappera pas que le producteur du film est le fils du couple dont nous découvrons l’histoire.

cc 21st Century Fox

Red Sparrow de Francis Lawrence

Moineau rouge, c’est le sobriquet des hommes et des femmes formés par les se(r)vices secrets russes pour des missions plus tordues les unes que les autres. Et leur arme principale, c’est leur corps, en cela compris ce qui fait la différence entre une femme et un homme. Chaud !

L’ambiance est en effet au réchauffement de la Guerre Froide, dans un imbroglio embrouillé de méandres politico-militaires et d’espions. Les agents doubles, c’est comme les crêpes : il faut les retourner plusieurs fois pour en apprécier toute la saveur. Ici, les retournements donnent le tournis. On n’y comprend plus rien mais il ne faut pas le dire sauf à passer pour un crétin.

Tout cela est superbement filmé, dans des décors staliniens impressionnants, avec un soin esthétique majestueux qui nous valent des plans larges très généreux, un spectacle supposé se dérouler au Bolchoï, des images très ” léchées ”

avec même à la fin l’échange d’espion sur un aéroport la nuit dans la meilleur tradition de Checkpoint Charlie.

Les acteurs sont aussi convaincants que possible lorsqu’il faut incarner des stéréotypes. Le déroulement de l’histoire est conforme à ce que l’on attend de ce genre de cinéma, une alternance de tension, de torture psychologique, d’action, de violence et de sexe. Du sang aussi, histoire que les âmes sensibles puissent fermer les yeux d’un air effrayé. Bref, du cinéma de (grand) genre très bien maîtrisé mais dont le propos est un peu bas de plafond.

Chacun verra que Matthias Schoenaerts ressemble comme un fils à Poutine ; amusant. Plus plaisant, le charme de Jennifer Lawrence, irrésistible et froide comme un brise-glace. Charlotte Rampling assume magistralement un rôle ingrat. Elle porte des bottes de cuire, le genre de détail qui aide à camper un personnage. Des bottes militaires, pas de call girl. Inutile d’espérer un come-back façon Les Damnés. Tout ce beau monde est russe, mais parle anglais.

Et c’est un choix bien compréhensible puisque c’est un film/produit pour grands enfants qui s’encanaillent sans risque en dévorant du corn-flake. Bon appétit.

Francis de Laveleye

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