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Review Darkest Hour

Dans les livres d’histoire comme dans les films, Winston Churchill est une légende. Son leadership de la Grande-Bretagne et des Alliés, sa résistance face aux succès éclairs des Allemands en mai 1940 est mythique, mais toute légende a un début …

Homme politique brillant et plein d’esprit, Winston Churchill (Gary Oldman) est un des piliers du parti conservateur au Parlement britannique, mais à 65 ans, il est un candidat improbable au poste de Premier Ministre. Cependant, faute d’autre candidat de consensus pour diriger un gouvernement d’unité nationale, le Roi le nomme d’urgence le 10 mai 1940, après la démission de Neville Chamberlain, dans un contexte européen dramatique marqué par les défaites successives des Alliés face aux troupes nazies et par le risque que toute l’armée britannique soit balayée sur les pages de Dunkerque.

Joe Wright (“Atonement”, “Pride and Prejudice”, “Pan”) nous décrit les coulisses de la nomination difficile de Churchill mais aussi les doutes du Roi et des dirigeants conservateurs, les jeux politiques et les intrigues qui ponctuent ces quelques jours-clé où la Grande Bretagne a hésité entre une résistance désespérée à outrance ou un humiliant traité de paix.

« Darkest Hour » est touchant parce qu’on y vit les drames et les déchirements de quelques-uns des principaux protagonistes, leurs doutes parfois ponctués de scènes comiques mais aussi les sacrifices du peuple face à la terreur nazie. C’est un film intense, nappé de cet humour anglais qui allège le drame sans le transformer en comédie.

Gary Oldman avait refusé de jouer dans un autre film consacré au bouledogue de Downing street et intitulé « Churchill » l’année dernière. Heureusement car ce « Darkest Hour » est de loin supérieur. Il donne à Oldman toutes les opportunités de faire preuve de son talent. Lily James est charmante, Ben Mendelsohn s’en sort bien dans le rôle du roi, Kristin Scott Thomas est comme d’habitude magnifique et forte et Ronald Pickup très convaincant en incarnant un Chamberlain presque moribond mais attaché jusqu’au bout à rester maître du jeu.

Stanley Berenboom

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