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Review Ôtez-moi d’un doute

Erwan travaille comme démineur à nettoyer les plages de Bretagne des engins oubliés de la seconde guerre mondiale. Sa fille, qui vit avec lui, est enceinte –elle refuse de donner le nom du père qu’elle prétend ignorer. A l’occasion d’un test avant naissance, Erwan découvre que son père bien aimé n’est pas son père biologique. Grâce à une détective, il découvre celui qu’il croit être son vrai père, un vieux militant de gauche haut en couleurs et sympathique. Et rencontre au même moment Anna, une médecin, assez carrée, directe et très séduisante. Hélas, elle est la fille de son géniteur présumé.

Ce pitch assez tire-larmes pourrait conduire au pire. Grâce à la réalisatrice Carine Tardieu, également co-scénariste (les dialogues sont éblouissants) et des comédiens épatants, « Ôtez-moi d’un doute » est une délicieuse comédie, qui se sert des clichés sans tomber dedans. Le mérite à l’épaisseur des personnages, qui ne sont pas de simples marionnettes, comme trop souvent dans les comédies à la française. Le milieu des démineurs, l’atmosphère d’une petite ville de Bretagne, tout cela a un accent de vérité qui cadre bien les personnages.

François Damiens, dans un rôle de dur à la fois ours et fragile, est remarquable. Cécile de France n’a jamais été aussi nuancée et éclatante. Et les autres personnages sont aussi réussis, et il faut tous les citer. On craque pour Guy Marchand, tendre, André Wilms en vieux militant pas du tout caricatural, Alice de Lencquesaing dans le rôle de la fille d’Erwan. Avec une mention spéciale pour Estéban dans le rôle d’une espèce de Gaston, le héros sans emploi de Franquin, particulièrement drôle et juste.

Alain Berenboom

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