Les histoires convergentes de ce talentueux et politiquement courageux réalisateur iranien, sont The Salesman, Todos Lo Saben , A Hero aussi Une Séparation et Le Passé.
Nous lui savons le goût persistant de mettre en image des scénarios très alambiqués et c’est encore le cas ici.
Après l’Iran, puis l’Espagne, c’est Paris qui est choisi comme lieu pour cette histoire-ci.
Une autrice angoissée par son travail observe ses voisins, espérant sans doute trouver là une inspiration inattendue. Une nièce lui propose l’aide domestique d’un jeune homme rencontré fortuitement et il va, lui aussi, être attiré par l’envie d’écrire.
Dans l’appartement d’en face, deux frères exploitent un studio de bruitage de cinéma avec l’aide d’une jeune femme.
Le dispositif de Fenêtre sur cour a été récemment utilisé dans Le Crime du 3e étage (1899) et il l’est ici également, avec des extérieurs de rues, de métro qui, en quelques sorte, scandent le récit, permettent de faire avancer une histoire dont le sens n’est pas évident.
Le roman de Simenon, Les Fiançailles de monsieur Hire est évoqué fugitivement qui lui aussi utilise le voyeurisme entre voisins comme dispositif narratif, lequel est repris par Patrice Leconte dans son film Monsieur Hire.
Nous comprenons bien que l’écriture muette par nature, l’image sans le son et les sons des bruiteurs forment un triangle conceptuel qui renvoie à la nature même de l’imaginaire et de ce qui le fait naître. Et au triangle amoureux.
Ici il faut s’accrocher un peu pour suivre longuement le cheminement non pas de l’histoire, mais des intentions du scénariste. Le travail de l’image est supposé faciliter la différenciation des moments du récit, passé, présent, rêvé. La mobilité de la caméra est chaque fois en lien avec l’époque, les basses lumières sont très travaillées, souvent trop sombres, mais sans doute est-ce la volonté de souligner le mystère dans lequel se meuvent ces personnages. Un gimmick musical à la guitare signale avec ironie, en les soulignant, les moments qui comptent. Tous cela nous laisse le sentiment d’être passé à côté d’un grand film, comme sur les routes lorsque nous resterons sur une parallèle.