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Une découverte belge Cap Farewell par Vanja D’Alcantara

Cette réalisatrice belge a été commentée déjà par moi pour Le Cœur régulier qui, comme son premier film de 2010, Beyond the Steppes, donnaient l’impression que sa thématique de prédilection est le destin d’une femme confrontée à des problématiques complexes dans des pays, des temps, bien loin de nous.

Tel est encore le cas ici, mais avec une rupture radicale d’univers ici un film noir belge. Nous voilà dans un récit « de genre », au féminin, ce qui n’est pas fréquent, puisque le personnage principal est une jeune mère dont nous faisons connaissance à sa sortie de prison. Le motif de ce séjour n’est explicité que plus tard : elle a payé pour d’autres, le père de sa fille e.a.

Cette histoire est en lien avec une rencontre ancienne de la réalisatrice, faite en Espagne, celle d’une condamnée à la place des vrais coupables, mais qu’elle a voulu « protéger ». Le film documentaire qu’elle a réalisé en 2004 est La Tercera Vida.

Retrouvant une liberté conditionnelle, ici cette mère s’empresse auprès de sa jeune enfant, élevée par sa grand-mère. Ces deux femmes seront donc en concurrence et cette situation complexe, douloureuse, est montrée de façon sensible.

Le père de l’enfant revient en force dans la vie de sa femme mais il n’a pas quitté ses petits trafiques autour d’un port de containers, lieu de leurs délits. Cette jeune femme sera aidée par son oncle, restaurateur, et mouillé lui aussi dans d’obscures magouilles.

Elle cherche son « cap » mais est prise dans une nasse. Et le suspens viendra de l’incertitude où nous sommes laissés de savoir si elle va y succomber ou s’en affranchir.

Le scénario nous met à l’abri des clichés, il réserve des retournements de situations, des moments d’action, d’autres plus psychologiques et c’est ce qui fait la richesse du récit admirablement soutenu par une musique riche qui utilise notamment les cordes, tantôt pincées, tantôt frottées selon que la tension monte ou au contraire s’apaise.

La très belle photo d’Hichame Alaouié contribue pour beaucoup à cette ambiance plombée du film, sauf lorsque la plage laisse espérer qu’un cap nouveau se profile à l’horizon de cette vie.

Un film discret qu’il ne faut pas rater dans le flot des sorties plus aguicheuses et qui nous montre le cap à suivre pour proposer un cinéma subtile, intelligent et touchant en particulier par le casting très riche au premier rang duquel la jeune enfant, captivante.

Francis de Laveleye

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