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Review News of the World

Un western classique, intemporel. On croyait disparue la potion magique qui permettait de fabriquer un de ces films qui avaient fait les délices des spectateurs dans les années quarante et cinquante depuis la disparition des meilleurs réalisateurs du genre John Ford, Anthony Mann, André de Toth et quelques autres.

Or, miracle, en voici un tout neuf dirigé par le Britannique Paul Greengrass (venu aux Etats-Unis pour diriger la saga Jason Bourne) et interprété de façon magique par Tom Hanks, un Ton Hanks qui rappelle le James Stewart des westerns d’Anthony Mann.

Nous sommes juste après la fin de la guerre civile au Texas. Tom Hanks est un ex-capitaine (sudiste) qui  survit en lisant des articles de journaux de villes en villes. Un jour, il recueille une fillette blonde aux yeux bleus qui ne parle que le kiowa. Ses parents ont été tués par les Indiens et ceux-ci, qui l’avait recueillie et élevée, ont été tués à leur tour par des soldats. Elle est farouche, sauvage. Tom Hanks qui erre dans cette région vaincue, envahie par les troupes du nord, décide la ramener chez de lointains parents. Le film raconte ce long voyage à travers de beaux paysages arides, interrompu par des incidents, des guet-apens. On sent aussi la tension qui règne dans la région depuis la fin de la guerre, la défaite mal digérée, la colère qui règne, les troupes nordistes ressenties comme une force étrangère d’occupation.

Une fille blanche arrachée aux Indiens, c’est un thème plusieurs fois repris dans l’histoire du western mais ici il est traité de façon nouvelle, originale, avec une profondeur qui en donne toute la poésie. La personnalité de la fillette qui peu à peu s’apprivoise, découvre la vie des Blancs est au centre du film. Elle est magnifiquement rendue.

On l’a dit d’emblée, Tom Hanks est superbe dans ce rôle de l’ex-capitaine de l’armée du Texas, honnête, rigoureux, vieillissant mais parfois drôle et habile. Et la fillette, interprétée par la jeune Allemande Helena Zengel (dix ans au moment du tournage et déjà plusieurs films derrière elle) crève l’écran.

Alain Berenboom

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