0

Review Joker

Le rire abracadabrantesque du clown le plus effrayant de la BD et du cinéma, le Joker, est de retour. Avec ce nouvel avatar du célèbre méchant, nous revoilà à Gotham City mais sans Batman. La ville est plongée dans une pauvreté sans nom et un chaos indescriptible. Faut-il connaitre le monde de Batman pour déguster ce film ? Non pas du tout.

Le film, qui relate une histoire originale inédite sur grand écran, se focalise sur la figure emblématique de l’ennemi juré de Batman, le Joker en remontant dans le temps pour expliquer comment il est devenu ce monstre cruel. Il brosse le portrait d’Arthur Fleck, un homme sans concession méprisé par la société.

Todd Phillips (« The Hangover », « War Dogs”) n’est pas vraiment connu pour la subtilité de ses comédies. Mais ici il a choisi le mode dramatique et le portrait d’un personnage torturé et de ses origines. Phillips intelligemment évite de faire trop de clins d’œil à l’univers Batman. Cette histoire aurait parfaitement pu se développer sans aucun lien avec le mode des ‘comics’. La cinématographie est excellente, la musique au rendez-vous et Joaquim Phoenix excellent. Mais comme le Joker lui-même, le film présente plusieurs défauts, particulièrement son rythme, très  lent au début. T. Phillips tente d’installer longuement l’atmosphère avant de vraiment se lancer. Certes, il faut modeler le personnage, expliquer ses traumatismes, décrocher la sympathie du public mais cette façon de raconter son histoire entraîne trop de scènes répétitives et des chutes de rythme. Par contre ce que Phillips réussit très bien c’est de jouer avec l’esprit du spectateur –on ne vous en dit pas plus.

Joaquin Phoenix crève l’écran. Le film repose sur ses épaules et ce qu’il fait avec le personnage du Joker est un vrai tour de force. Sa performance mérite à elle seule le détour. Robert De Niro fait une apparition remarquable en jouant à contre emploi à Phoenix, clin d’œil de Phillips à Scorsese et à son film « The King of Comedy ». On épinglera aussi Frances Conroy dans le rôle de la mère d’Arthur Fleck.

Stanley Berenboom

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *