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Le billet d’humeur de Francis de Laveleye

Ni une ni deux

Anne Giafferi

Les jumelles monozygotes séparées à la naissance sont décrites dans la littérature scientifique, car ce sont des cas rarissimes et intéressants à étudier scientifiquement pour déterminer les caractères acquis, et ceux innés, transmis génétiquement. Ce film n’aborde pas ces questions car il est une comédie pétillante, rapide, amusante et légère qui tire argument de ce cas si particulier de deux sœurs qui s’ignorent mais sont identiques.

L’une est comédienne, et passe un moment difficile de sa carrière car elle sent que l’âge lui cause un certain préjudice. Alors, botox ! Et sa bouche est transformée en hémorroïde à la veille d’un tournage…

Suite à l’écran, car le charme du film ne tient qu’à ce qu’on y découvre de scène en scène. Elles sont bien écrites, très bien dialoguées et assument un côté midinette un peu appuyé qui fait rire.

Si vous avez toujours rêvé de voir de près comment se déroule un tournage, vous ne serez pas déçus ! Et les trois punaises qui interprètent le HCM (Habillage Coiffure Maquillage) sont absolument parfaites. Comme François-Xavier Demaison, excellent, l’agent de cette actrice en crise de croissance, jouée de façon magistrale par Mathilde Seigner qui, sans doute, a dû prendre un immense plaisir à être l’une et l’autre. Même si cela a dû être un travail complexe : se donner la réplique à soi-même, en entendant la phrase dans une oreillette, face à une doublure …

Je dois dire que l’habileté de la coexistence de ces deux jumelles est bien maîtrisée et ajoute à ce film amusant.

Coproduit par Tf1, il vous amusera de voir qu’une séquence se tourne durant le JT de 20 heures de France 2…

Ne ratez pas l’appartement de l’actrice : c’est ce qui se fait de pire dans la déco du cinoche franchouillard : ça pue le faux, le décors en studio, et l’absence de vécu.

Bref, Ni une Ni deux mérite plus que la réputation un peu ” série télé ” qui accompagne, non sans raison, le nom de la réalisatrice. Ici, elle aura fait Et une et deux.

cc StudioCanal

Venise n’est pas en Italie

Ivan Calbérac

Ce titre de chanson cache mal un sous-produit de La vie est un long fleuve tranquille pour banlieusards dépressifs, mettant en présence une famille craca et une famille hip ! C’est assez consternant et mérite de ce point de vue, une attention d’ethnologue : comment peut-on aujourd’hui produire un film de ce genre ? Poelvoorde n’avait sans doute pas lu le scénario en s’embarquant dans cette gondole à la dérive. Et en plus, il y a un côté ” road movie ” qui permet au réalisateur de faire du minutage avec des plans de drone qui montrent la caravane tirée par la Volvo de la famille cracra le long des routes qui mènent à Venise.

Ce qui est frappant, c’est la similitude du jeux de tous les acteurs, qui en font ” une caisse ” manquant totalement d’intériorité et manifestement en attente du ” coupez ” salvateur qui les délivre à chaque fois du numéro de singe que l’histoire leur impose. Si vous vous laissez aller vers cette Lagune, observez les cadrages chaque fois que possible, construits en parfaite symétrie. Le réalisateur a dû voir cela dans des films… Et il croit que cela donne un style ! La bande musicale est une sorte de tout à l’égoût du mauvais gout qui, je l’ai bien compris, est une intention d’auteur, un fil rouge durant tout le film, pour créer l’ambiance et le contraste entre les choix des cracra et la dilection musicale des hip !

Ce qui achève de donner le mal de mer, c’est l’arrogante animation SCOPE en début de projection, annonçant que le spectateur verra une fois de plus comment utiliser l’argent belge pour un film qui ne l’est aucunement. Sauf l’équipe Umedia pour la post prod. C’est la collusion des parasites. Et le générique de ces deux sociétés est presque aussi long que celui de l’équipe de tournage. On n’oublie personne puisqu’ils sont rémunérés par les contribuables belges.

Francis de Laveleye

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