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Review Woman at War

Voilà un OVNI, un objet visuel non identifié. Ce film venu d’Islande a la folie d’un volcan de là-bas dont les laves surgissent alors qu’on ne s’y attend pas.

Il s’ouvre par un attentat. Une femme d’âge moyen, plutôt baraquée, Halla, coupe les fils à haute tension qui alimente une usine d’aluminium armée d’une arbalète avant de s’enfuir dans un paysage lunaire et désertique du centre de l’Islande. Tandis que les forces de l’ordre et les media se mobilisent pour mettre la main sur ce terroriste mystérieux.

On a d’abord l’impression que l’on va assister à un film militant contant les exploits de ces activistes de Greenpeace ou autres organisations qui veulent attirer l’attention sur tel ou tel scandale en posant des actes provocateurs (escalade de centrales nucléaires, drones au-dessus de ce genre de lieux, etc).

Si l’héroïne continue en effet sa campagne contre la compagnie d’aluminium Rio Tinto (qui existe bel et bien) qui porte atteinte à l’équilibre écologique de la région, le film est autrement plus subtil et surtout plus étrange et plus fantaisiste que cette entrée en matière peut laisser croire.

D’abord, on s’aperçoit que Halla n’est pas seule. Elle est accompagnée tout au long du film  d’un trio d’orchestre (qu’elle ne semble pas apercevoir) qui joue sans jamais intervenir dans l’action.

Halla a aussi une autre vie, elle dirige une chorale, elle attend un enfant ukrainien qu’elle a demandé à adopter et elle est flanquée d’une sœur jumelle, adepte du yoga, de la méditation et qui se prépare à partir dans un ashram en Inde.

Mêlant la folie et l’amour de la musique de Kusturica et la poésie non-sens de Abel et Gordon, ce film est une délicieuse surprise, un ravissement, un pur moment de fantaisie et de folie.

Alain Berenboom

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