0

Le billet d’humeur de Francis de Laveleye

The Wife de Björn Runge

Vous pouvez la demander en mariage ! C’est un film très réussi, subtile, amusant et cruel à la fois.

Un couple sympa, dans la maturité, est entraîné dans une aventure d’exception : le mari est ” nobelisé “. C’est le début du récit qui va, comme un oignon que l’on épluche, dévoiler des couches de plus en plus profondes, avec finesse, subtilité, tact et un talent exceptionnel pour les incarner.
Si l’histoire est linéaire, des flash back très structurés, avec d’autres acteurs, vu la différence d’âge, donnent des éléments de compréhension. Un journaliste gluant, fouille merde, donne à cette histoire un tour d’abord intriguant, finalement très pénible. Mais l’histoire dépasse ce cas particulier. La question débattue est celle de l’exploitation, dans le couple, de la femme par l’homme. Et ici, c’est montré très finement.

Vous serez sensibles à la fluidité des cadres, toujours en mouvement, prêts à saisir l’inattendu, l’expression fugitive, le regard qui en dit long. Glenn Close est sublime et tous les acteurs sont admirables de justesse.

Un film qui réconcilie avec le cinéma.

Lola et ses frères de Jean-Paul Rouve 
Un trio sympa. Un film qu’il faut voir un soir de pluie à la télé. Il est d’ailleurs produit essentiellement pour cela.
Nous sommes embarqués dans des scènes de vies ordinaires d’un frère travaillant ” dans le bâtiment ” un autre, opticien, qui se remarie, et une sœur, avocate. Et nous voilà témoins de mille petits échanges, car tout passe par le dialogue, entre ces trois personnes sympas, rigolotes, parfois touchantes, dont la vie se déroule devant nous durant quelques mois.
Il n’y a pas de quoi casser trois pattes à un canard, mais pourquoi bouder son plaisir ? En particulier celui de voir une ” génération ” d’acteurs qui s’annonce talentueux, subtiles, capables de jouer ensemble dans un ” feel good movie ” sans tirer la couverture à soi. C’est d’autant plus méritoire que le réalisateur est le frère ainé, celui qui se remarie ! Un dialogue et des répliques bien ciselés. Des moments certes caricaturaux, mais qui font rire, sont touchants parfois, et qui donnent l’impression que le film nous a bien distrait. Ne soyez pas distraits lorsqu’il sera programmé à la télé, à voir en famille.
Et une nouvelle fois, l’on s’interroge avec angoisse sur ce qui justifie en terme de cinéma belge, l’intervention de Nexus & Umédia et Ufund dans cette production provinciale française. Un hold up, c’est la forme nouvelle que prennent les coproductions financées par le Tax Shelter. Les sociétés qui en ont fait leur métier se foutent sans doute des recettes salles et des ventes télé comme de leur premier ticket de cinéma. Car leur business, c’est de gagner leur vie sur le financement, par sur les résultats d’exploitation. Malin, non ? Surtout lorsque c’est de l’argent public.

Francis de Laveleye

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *