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Le billet d’humeur de Francis de Laveleye

Le Grand Bain de Gilles Lelouche

Une comédie française qui sort du lot des petits récits sans originalité. Ici, nous avons à faire à un film choral qui rassemble 7, puis 8 bras cassés de la vie, des gars en roue libre sur une mauvaise pente. Et qui vont se faire cornaquer par deux coachs comme l’on aimerait en fréquenter plus souvent.

Allez-y, mouillez-vous pour suivre ces moments de vie montrés avec beaucoup d’humour, des répliques très bien écrites, qui font avancer une histoire qui, par nature, n’avance guère : quoi de plus répétitif que l’entrainement sportif ?

Mais la fin, certes prévisible, est une belle surprise visuelle dans le droit fil du scénario qui nous propose un agréable divertissement. Il est d’autant plus apprécié que le travail du scénario et des dialogues reflète sans doute ce qu’un acteur très prisé souhaiterait se voir proposer plus souvent…

Les comédien en maillot sont tous épatants, aucun ne tire la serviette de bain à soi. Poelvoorde se la joue modeste, Efira est comme chaque fois, irrésistible de charme et de talent.

Mais ces deux acteurs ” belges ” ne justifient guère que le Tax Shelter vienne à leur secours pour qu’ils aient un peu de travail dans un film provincial français dont le dénouement se déroule en Norvège.

cc Kinepolis Film Distribution

Niet schieten de Stijn Coninx

Les Tueurs fous du Brabant Wallon n’ont pas fini d’inspirer le cinéma. Car leurs méfaits étaient tragiquement spectaculaires. Outre que le drame que le film décrit se passe à Alost, le point de vue du réalisateur donne tout son intérêt à ce film : traiter du particulier mais touchant au général. Une famille est presque anéantie sous les yeux des (grands)parents. Le grand père va faire de la guérison de son petit fils et de l’élucidation de ce drame, sa raison de vivre. Le fils survivant (réel) de la famille a écrit le ” roman ” qui a inspiré le scénario du film. Tout cela est traité avec maîtrise par un réalisateur ” classique ” qui connait son métier, qui sait où placer ses caméras, qui dirige les acteurs de façon efficace. Stijn Coninx est un peu notre André Cayatte national. Les événements évoqués portent par eux-même leur dose d’émotion, d’horreur, et le spectateur est happé dans la première partie du film par les faits et la mémoire que l’on en a, qui se réveille avec ses émotions, ses incompréhensions et ses hypothèses. Le développement ensuite est parfois plus laborieux, les réactions plus prévisibles, les événements connus moins porteurs de tentions et de suspens.
Il faut saluer la réussite d’un récit sur une longue durée (25 ans) nécessitant que le jeune garçon soit interprété par 3 acteurs successifs. Cela est fait avec efficacité, une fois encore et le film appelle à la rescousse d’autre événements qui ont terriblement marqué la fin du siècle dernier en Belgique. Une contribution honorable à cette mémoire, à ses interrogations restées aujourd’hui sans réponse, un rappel de ce qui a changé, de ce qui n’a pas été élucidé. Un film qui s’inscrit dans notre belgitude.

Francis de Laveleye

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