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Le billet d’humeur de Francis de Laveleye

The Bookshop de Isabel Coixet

Adapté d’un roman qui nous est évoqué par la voix off très présente de Vanessa Redgrave, l’histoire est celle de la création, dans un village reculé, d’une librairie. Elle occupera un bâtiment convoité par d’autres. Et tout le film est le portrait de ce microcosme very British. Adorable et profondément cruel sous des dehors d’une exquise civilité. Réalisé par une espagnole, le ton anglais me semble cependant très habilement mis en scène. Quoiqu’en écrivent certains critiques qui tirent à boulets rouges sur un joli film, en particulier au motif qu’il serait un ” europudding “, le produit des contraintes de coproduction.

Le style du film est très convenu, avec de belles musiques, avec de belles reconstitutions, une belle image, des acteurs tous parfaits, un montage très classique, des cadres et des mouvements d’appareil mis en place pour faire beau. C’est un peu lent, mais ce rythme convient si bien à cette façon hyper retenue de s’exprimer, cette manière très victorienne de refouler ses sentiments et ses émotions, sauf dans de rares moments où éclatent la colère et l’indignation.

Une très agréable façon de se distraire si l’on n’a rien trouvé à lire dans sa librairie favorite.

 

Guy de Alex Lutz

Un petit bijou et une belle surprise. Voilà le type même de film qui passe inaperçu, sans vedette, qui ressemble à un documentaire et qui n’évoque qu’un chanteur sur le retour.

Et bien, c’est fait avec un talent exceptionnel de la part de Alex Lutz qui, non content de réaliser, occupe l’écran du début à la fin. Avec des effets d’âges exceptionnellement réussis puisque le film est le portrait d’une jeune vedette du yéyé qui tente un come back en fin de parcours. Rien que le personnage est spectaculaire, et fait rire tant les clichés, les analogies avec cette engeance un peu fanée sont montrés de façon habile, amusante, parfois un peu cruelle. Voilà pour le portrait de Guy.

Mais il y a le style du film, façon ” faux ” reportage, qui en reprend tous les codes, de manière tellement habile que l’on se fait piéger en se demandant comment l’on n’a pas retenu le nom de cette vedette, avant de se rendre compte que c’est un personnage de fiction. Tout cela est aménagé avec de faux documents d’archives, des concerts, des enregistrements en studio, bref, mille moments qui sonnent tellement juste que l’on croit au ” vrai ” reportage.

Laissez-vous piéger et charmer par ce personnage qui en évoque tant d’autres. Et je ne citerai pas de noms.

Francis de Laveleye

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