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Review LES ENFANTS DU HASARD

De Thierry Michel et Pascal Colson

Le Hasard c’est le nom du charbonnage dont la fine tour déglinguée surplombe la cour de l’école primaire de la petite ville de Cheratte (près de Liège).

C’est dans ce lieu improbable que Thierry Michel a planté ses caméras, lui dont on a suivi ces dernières années les aventures au Congo (Congo River, Katanga Business, l’Affaire Chebaia).

Grâce à lui, l’école de Cheratte paraît aussi exotique et passionnante que la descente du fleuve Congo. Comme toujours, il a l’art de faire entrer le spectateur dans la personnalité de ceux qu’ils filment tout en les respectant. On est dans l’amour et la compréhension, pas dans Strip-Tease.

Dans Les Enfants du Hasard, son regard tendre et attentif (accompagné de celui de Pascal Colson) transforme le quotidien d’une classe de sixième primaire en un théâtre chatoyant de vie, de passion, et d’espoir en l’avenir.

Et il en faut car les enfants sont tous d’origine modeste, des petits descendants de mineurs turcs (sauf un !) , venus travailler au fond de la mine aujourd’hui abandonnée il y a deux générations.

L’institutrice, une personnalité flamboyante aux cheveux gris acier, faussement sévère et pleine d’amour, insuffle à ses élèves l’envie de travailler, de se dépasser au quotidien, d’être meilleurs, plus forts en n’oubliant jamais leurs origines et la fierté de leurs cultures mêlées. Faut les voir explorer les boyaux des anciens charbonnages ou interroger leurs grand-pères.

Le film n’est pas une leçon de morale laïque (d’autant que tous les enfants vont au cours de religion islamique sauf un, devinez lequel) mais un formidable portrait tout en émotion et en rigolade d’une bande de garnements qui vont devenir adolescents l’année suivante et qui en ont un peu peur et un peu envie.

L’image est magnifique, le rythme fait penser à celui d’une comédie réussie. Les réalisateurs alternent le portrait de chacun des enfants de la classe, dont ils révèlent la poésie, avec des prises chorales. Une réussite magnifique.

Alain Berenboom

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