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Review El Clan

Pablo Trapero (« Elefante Blanco », « Familia rodante ») est un des réalisateurs les plus célèbres d’Amérique du Sud. Et avec « El Clan » il le prouve à nouveau car le film encaisse une des plus grandes recettesdu cinéma argentin. Pourtant, le film n’est pas à la hauteur de la réputation qui l’a précédé.

Basé sur une histoire vraie, le film raconte l’histoire de la famille Puccio après la chute de la dictature militaire au début des années quatre-vingts. Cette famille de petits-bourgeois apparemment sans histoires se spécialisait dans le kidnapping suivi de meurtres. Arquimedes, le patriarche, dirige et planifie les opérations. Il contraint Alejandro, son fils aîné et star du rugby, à lui fournir des candidats au kidnapping. Et toute la famille à supporter dans la cave de leur maison les victimes.

Pablo Trapero a du talent. Dans « El Clan » , il parvient à instaurer une ambiance de suspense soutenue par une belle bande sonore de standards américains de l’époque. Mais le problème est qu’il pousse les clichés du film de gangster trop loin. Les grands films de gangster font non seulement vibrer de peur mais aussi ils créent des personnages qui nous touchent, même et surtout quand ils représentent le mal. Les grands films de gangsters tel que « The Godfather », « The Maltese Falcon”, “Touch of Evil” ou “Strangers on a Train” ménage des moments d’émotion soit par humour, romance ou connivence. « El Clan » necontient rien de cela. Les moments en famille sont lourds par la présence du père de famille d’ Arquimedes ou par les cris des victimes dans la cave. Les moments de romances sont délaissés pour des scènes de meurtres et il n’y a pas d’humour ni de personnage sympathique ou simplement touchants. Rien n’excuse le patriarche, ni ses enfants de cette abomination. Si le film éclaire d’un jour plus sympathique un des fils, Alejandro, en le présentant comme une victime de son père, aucune de ses actions ne font de lui une victime, bien au contraire. Il vend ses amis, il se tait, ne remet jamais en cause les actions de son père, le silence complice de sa mère et ne fait rien pour empêcher les meurtres. Son frère Guillermo aurait dû être le personnage sympathique et l’âme de ce film puisqu’il s’enfuit à l’étranger mais il passe à peine dans le film.

Les acteurs ne sont pas excellents. Mis à part le patriarche Arquimedes, joué de manière effrayante par Guillermo Francella en grande forme. En revanche, son fils, Peter Lanzani,  n’inspire ni pitié ni horreur et sa prestation est terne.

Le film a été récompensé à la  Mostra de Venise 2015 avec le Lion d’argent du meilleur réalisateur et on se demande pourquoi.

Stanley Berenboom

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