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Le cinéma chinois est en crise

Découvrez la deuxième partie de notre entrevue avec Nicola Mazzanti (retrouvez la première partie ici), conservateur de la Cinémathèque Royale de Belgique. Nous parlons ici de sa vison artistique.

Quelles sont les changements que vous avez effectués sur la programmation ?

C’est difficile à dire. On est constamment occupé avec la programmation. On travail en équipe avec les programmateurs et cela dépend de gouts personnel et des cycles cinématographiques. Je n’ai pas l’impression d’avoir changé beaucoup de chose. Il faut demander au public. Nous opérons dans un environnement qui a complètement changé. On organise quelques événements qui peuvent apporter de l’envergure au programme de la Cinematek. J’ai personnellement tenu aussi  à recommencer  le festival de  de l’âge d’or composé de films expérimentaux et d’avant-garde  parce que ce sont des films que les gens ne connaissent pas, qui ne sortent pas ailleurs. Il faut montrer ce cinéma qu’on ne voit que les festivals spécialisés. Et cela intéresse. Le film de Markopoulos a été projeté devant une salle pleine, dont M. Barroso. On aurait montré ce film il y a 3 ans, la salle aurait été  presque vide. Seul le contexte était différent. On a un trou dans notre collection pour les films après 1974. Des films d’avant 1974, nous possédons une sélection impressionnante. Après cette date, nous n’en possédons que peu. Les gens aiment pourtant ce type de cinéma très pointu.  Nous n’avions jamais montré Müller. C’est incroyable. Müller est une référence dans le cinéma avant-garde. Voilà un domaine que nous avons recommencé à explorer.

C’est déjà une belle réussite!

Ce dont je suis vraiment fier, c’est le projet initié autour de Taiwan. Nous avions invité le célèbre réalisateur Wang Bing. Or, ce cinéma est encore inconnu en Belgique. Ce qui me rend heureux, c’est que cette rétrospective a circulé dans douze pays européen. C’est incroyable. On n’est pas obligé de toujours montrer Hanneke, Scorsese, Fellini, etc.  Bien sûr, si un grand réalisateur vient à Bruxelles, nous organisons  une grande rétrospective de son œuvre. Mais c’est plus intéressant de montrer des auteurs comme Wang Bing. Parce que il y pas d’autres institutions pour les projeter. C’est un cinéma important et il doit être vu. Ne fut-ce que pour comprendre Taiwan, son  aspect historique, sociologique, etc. C’est un des rôles d’une cinémathèque.

Le cinéma avant-gardiste et le cinéma asiatique sont vos genres  favoris ?

Pas nécessairement. L’avant-garde m’intéresse.  Mais  j’adore les comédies musicales.  Américaines aussi bien que chinoises, par exemple Hou Hsiao-Hsien. Ses premiers films furent produits par un producteur de chansons. Dans ses films, les gens commencent en pleine conversation à chanter ! C’est le genre de musical post-musical. Le cinéma asiatique est difficile à appréhender car le cinéma chinois est en crise. Il y a des signes intéressants à Taiwan mais en Chine ce n’est pas évident. Je ne vois pas vraiment une nouvelle génération après Jia Zhangke.

Chez les Chinois, les films à gros budget  inspirés d’ Hollywood ont pris le dessus.

Il y a deux sortes de cinéma en Chine. Il y a les films à gros budgets. Et de l’autre côté, de petits documentaires, par exemple des films tibétains fortement politiques qui ont été montrées à Venise. Des petits films qui possèdent une grande force. Il y a une nouvelle génération de réalisateurs commerciaux mais peu de cinéma artistique. Il y a d’autres choses en Asie, par exemple le cinéma philippin.  Mais je suis attaché au cinéma chinois car c’est un cinéma que je connais très bien. J’ai travaillé sur beaucoup de projets de restaurations de films chinois à Bologne et Venise.

Merci beaucoup !

Stanley Berenboom

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